Fraude et détournements
Arnaque crypto depuis des centres d'escroquerie au Cambodge : un ressortissant chinois extradé des Pays-Bas vers les États-Unis pour association en vue de blanchiment d'argent
Arnaque crypto, 174 victimes aux USA : selon le DOJ, plus de 36,9 M$ sont passés par une banque aux Bahamas, convertis en USDT. Un suspect de 44 ans extradé.
En bref
- Le 23 octobre 2026, le ministère américain de la Justice a annoncé qu'un ressortissant chinois de 44 ans, extradé des Pays-Bas, avait comparu devant le tribunal fédéral du district central de Californie.
- Le chef d'accusation : association en vue de blanchiment d'argent. Il a été déposé en août 2025, et la peine maximale encourue est de 20 ans de prison.
- Selon le communiqué, un réseau opérant depuis des centres d'escroquerie au Cambodge a attiré des Américains vers des investissements en cryptomonnaie au moyen de faux sites de trading. 174 victimes ont été identifiées aux États-Unis.
- Selon le communiqué, plus de 36,9 millions de dollars ont été transférés de comptes aux États-Unis vers un compte unique dans une banque aux Bahamas, convertis en monnaie numérique USDT et envoyés vers un portefeuille contrôlé depuis le Cambodge.
- Statut : comparution après extradition. Le suspect est présumé innocent. Huit autres complices ont déjà plaidé coupable, selon le communiqué.
Le fonctionnement de l'arnaque, selon le ministère de la Justice
Selon le communiqué du ministère américain de la Justice, les membres du réseau contactaient les victimes sur les réseaux sociaux, par téléphone, par SMS et sur des sites de rencontre. Ils leur présentaient des investissements en monnaies numériques et les dirigeaient vers des sites qui ressemblaient à de véritables plateformes de trading. Les victimes voyaient, est-il allégué, leur investissement croître, alors que l'argent avait été volé (ministère américain de la Justice).
Le parcours de l'argent
Selon le communiqué, l'argent des victimes est passé par des sociétés écrans aux États-Unis, des comptes bancaires internationaux et des portefeuilles numériques. Le suspect et ses complices, est-il allégué, ont fait en sorte qu'une banque aux Bahamas convertisse les fonds des victimes en USDT (Tether) et les envoie vers un portefeuille contrôlé depuis le Cambodge. De là, selon le communiqué, l'argent a été transféré aux dirigeants des centres d'escroquerie de la région (ministère américain de la Justice).
Selon le communiqué, plus de 36,9 millions de dollars ont été transférés de comptes aux États-Unis contrôlés par les complices vers un compte unique dans la banque aux Bahamas. Ce chiffre montre à quel point le parcours de l'argent compte dans les affaires de fraude : l'argent quitte des comptes ordinaires, et ce n'est qu'ensuite qu'il disparaît dans une chaîne de sociétés, de banques et de portefeuilles.
Les complices qui ont déjà plaidé coupable
Selon le communiqué, huit complices ont déjà plaidé coupable. Deux d'entre eux ont plaidé coupable d'association en vue d'exploiter une entreprise de transfert de fonds sans licence, et ont été condamnés à 51 et 46 mois de prison (ministère américain de la Justice).
L'enquête a été menée par le Secret Service américain, avec l'aide d'autres agences, et le Bureau des affaires internationales du ministère de la Justice a travaillé avec les autorités néerlandaises sur l'arrestation et l'extradition. Le communiqué ne précise pas quand ni où le suspect a été arrêté aux Pays-Bas.
Ce que l'on ignore encore
Tout ce qui précède relève des allégations de l'accusation. Le communiqué souligne que tout accusé est présumé innocent jusqu'à ce que sa culpabilité soit prouvée au-delà de tout doute raisonnable. La réaction du suspect n'a pas été publiée. Nous avons choisi de ne pas publier son nom, car au moment de la rédaction, il n'apparaissait que dans le communiqué officiel et non dans les grands médias.
Ce que l'affaire enseigne
Une arnaque aux investissements crypto commence presque toujours par un contact personnel, se poursuit sur un site qui semble digne de confiance, et se termine par un transfert rapide de l'argent à l'étranger. Toute personne ciblée doit conserver chaque détail : les noms d'utilisateur, les adresses des sites, les confirmations de virement et les adresses des portefeuilles. Ce sont les points d'ancrage qui permettent de suivre l'argent.
Source : ministère américain de la Justice, communiqué de presse 26-1258, 23.10.2026.
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Les informations de cette rubrique sont d'ordre général et ne constituent pas un avis juridique. Une accusation ne présente que la position du ministère public, et le suspect est présumé innocent.


